Politique

[Tribune] Les féminicides ne sont pas une fatalité : Monsieur le président, réagissez !

Dans une tribune au « Monde », un collectif féministe demande à Emmanuel Macron des actes pour mieux protéger les femmes des violences de leur conjoint ou ex-conjoint.

Depuis le début de l’année, 71 femmes sont mortes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint. Bon nombre de ces féminicides auraient pu être empêchés si les pouvoirs publics n’avaient pas dysfonctionné, dénonce le collectif.

En  matière de violences au sein du couple, les pouvoirs publics peuvent mieux faire. Largement. Les solutions existent. Cinq mesures immédiates peuvent être prises avant l’été pour protéger les femmes et empêcher ces crimes. Edouard Philippe doit réunir en urgence le gouvernement pour que chaque ministre puisse mobiliser les services de l’Etat contre les féminicides :

Christophe Castaner, ministre de l’intérieur, peut réunir les préfets et donner la consigne ferme aux commissariats et gendarmeries qu’aucune femme victime de violence au sein du couple ne reste sans réponse, sous peine de sanction pour les agents qui refusent leurs plaintes.

Nicole Belloubet, ministre de la justice, peut réunir les procureurs et les juges aux affaires familiales et se fixer des objectifs d’attribution d’ordonnances de protection dans chaque département. Nous en attribuons 1 300 chaque année, quand l’Espagne en délivre plus de 20 000. Elle peut également fixer comme règle la suspension de l’autorité parentale des pères meurtriers pendant le temps de l’instruction.

Julien Denormandie, ministre du logement, peut prévoir l’ouverture de 200 places d’hébergement pérennes dans des centres d’hébergement et de réinsertion sociale gérés par des associations spécialisées d’ici à la fin de l’année et programmer 2 200 places supplémentaires d’ici à la fin du quinquennat. Cela nous mettrait au niveau des minima requis par l’Union européenne.

Agnès Buzyn, ministre de la santé, peut réunir les responsables d’agences régionales de santé et mettre en place un plan de détection systématique des violences à l’hôpital afin que les femmes victimes de violences au sein du couple soient prises en charge.

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, peut doubler les subventions aux associations qui accueillent les femmes victimes de violence pour leur permettre d’embaucher d’ici à la fin de 2019 et de répondre à la demande des victimes.

Associations féministes, activistes, citoyennes et citoyens,  seront samedi à Paris, place de la République, à 17 heures, en soutien aux familles des femmes assassinées.

L’humanité du jour y consacre également un article. Une « grande cause », limitée à 0,0066 % du budget de l’État dénonce le quotidien. Pour la seule lutte contre les violences faites aux femmes, le Haut Conseil estime qu’il faudrait au minimum investir 500 millions d’euros, là où la somme totale cédée à Marlène Schiappa est de… 30 millions d’euros. Les collectivités locales, pourtant au plus proche des discriminations, voient  elles aussi, leur budget fondre, année après année.

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