Crise COVIDSanté

[Tribune] Covid19 : pas de profit sur la pandémie !

Des citoyennes, des citoyens et des organisations de gauche européennes se mobilisent pour que la Commission européenne s’engage à faire des vaccins et des traitements anti-pandémiques un bien public mondial, gratuit pour toutes et tous.

En France et dans le monde, la pandémie de Covid-19 continue à se répandre depuis la fin du confinement. Les mesures de prévention ne sauraient suffire à contenir sa propagation alors qu’il n’existe toujours pas de traitement.

La Commission européenne négocie actuellement, sans aucune transparence, des achats d’éventuels vaccins contre le Covid-19 avec les grandes multinationales pharmaceutiques, sans aucune garantie. L’un des négociateurs n’est autre que Richard Bergström, qui a été pendant cinq ans à la tête d’EFPIA, principal lobby de l’industrie pharmaceutique ! Pire encore, les multinationales pourraient échapper au paiement de certaines indemnités, voire être dédommagées en cas de «vices cachés».

Alors que l’argent public finance massivement cette recherche sous forme de subventions directes ou de crédit impôt-recherche, les laboratoires privés se sont lancés dans une concurrence effrénée. Remporter le marché mondial est leur unique objectif, avec à la clé des profits considérables. Cette logique de marchandisation s’accompagne de surcroît de licenciements massifs, comme l’annonce en juin dernier de la suppression de 1 700 postes en Europe au sein du groupe Sanofi, dont 1 000 en France pour les trois prochaines années.

Le vaccin, comme tous les médicaments, doit être un bien commun, répondant aux besoins de santé de chacune et chacun. Ces produits indispensables ne peuvent être considérés comme une marchandise, et de ce fait soumis à la logique du profit. On a vu par le passé les multinationales allant jusqu’à refuser la vente de médicaments contre le VIH à des pays africains ou latino-américains pour des raisons de prix de vente jugés insuffisants. Cela ne doit pas se reproduire !

En France, le mécanisme de fixation des prix reste opaque bien que régulé par une commission dite de la transparence. Il faut que ce vaccin soit hissé au rang de patrimoine commun de l’Humanité et mis «hors marché» ! C’est le sens de l’appel lancé par l’OMS le 19 mai dernier avec la résolution visant à faire du vaccin un «bien public mondial». Cela rejoint notre démarche exigeant la création d’un véritable pôle public du médicament et de la recherche en France, en Europe et au niveau des Nations unies !

La question de l’accès universel à un vaccin sûr se pose dès maintenant et nous demandons qu’il soit mis à disposition gratuitement pour tous. En France, ceci s’intègre dans notre lutte pour la prise en charge à 100% du médicament par la sécurité sociale.

L’ensemble de notre système de protection sociale est aujourd’hui à bout de souffle suite à vingt ans de politiques néolibérales. Il faut procéder à des réformes profondes qui, dans le secteur pharmaceutique imposent notamment :

A) De refuser toute fermeture d’établissements de soins et tout licenciement.

B) D’investir massivement dans l’hôpital et le secteur des médicaments.

C) D’abandonner la fixation du prix des vaccins et médicaments selon le SMR (service médical rendu), qui n’a aucun fondement économique, social ou éthique.

D) De mettre un terme au système des brevets, qui ne sert qu’à imposer des prix insoutenables et mettre en œuvre, sans attendre, le principe du système dit de la «licence obligatoire», délivré par un Etat, qui permet de s’affranchir des lois du profit.

E) D’instituer un pôle public de la recherche, de la production et de la distribution du médicament au plan national comme européen. La puissance publique qui finance la recherche fondamentale mais aussi largement la recherche appliquée doit maîtriser en totalité la chaîne de production des produits pour répondre aux besoins des populations. Nous proposons donc de créer un établissement public qui finance la recherche et soit le propriétaire des brevets qu’il dépose.

Avec des citoyennes, des citoyens et des organisations de gauche européennes nous avons lancé la pétition #Right2Cure, afin que la Commission européenne s’engage à faire des vaccins et des traitements anti-pandémiques un bien public mondial, librement accessible à tous.

Une première victoire a été obtenue puisque le 21 août dernier les institutions européennes ont validé notre initiative citoyenne. Il nous faudra maintenant recueillir un million de signatures au niveau européen afin d’inscrire cette question au débat politique et pousser nos dirigeant·es à prendre des mesures concrètes ! Nous vous invitons donc dès maintenant à signer, diffuser et mobiliser autour de cette pétition : www.right2cure.eu/fra afin de construire les prochaines étapes de la mobilisation citoyenne.

Pas de profit sur la pandémie, c’est le mot d’ordre de cette campagne qui entend œuvrer à une autre politique nationale, européenne et internationale, basée sur la coopération plutôt que la concurrence, sur la satisfaction des besoins des populations et non des actionnaires !

Signataires :
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord. Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne, membre de la commission des affaires sociales Dr Christophe Prudhomme, médecin urgentiste, CGT. Dr Michèle Leflon, présidente de la Coordinations des hôpitaux et maternités de proximité. Dr Frédéric Villebrun, président de l’Union syndicale des médecins de centres de santé. Barbara Filhol, secrétaire générale CGT de l’Union santé, département du Val-de-Marne. Thierry Bodin, CGT Sanofi

Source : Libération

Laisser un commentaire

Fermer le menu
vulputate, vel, ipsum ultricies libero porta. facilisis ut odio Aenean
×
×

Panier

CIDEFE