Sécurité

Plan anti-stup : faire contribuer les polices municipales et les bailleurs sociaux aux cellules de renseignement opérationnel

Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, était à Marseille hier pour présenter son plan de lutte contre le trafic de drogue. Lors d’une conférence de presse, il a déclaré vouloir « sanctionner plus durement les trafiquants » de drogue.

« Le message aux trafiquants est clair : la France ne sera pas leur terrain de jeu », a lancé Christophe Castaner en présentant 55 mesures.

Parmi elles, figurent :

  • L’expérimentation d’une plateforme d’appels anonymes pour signaler les points de vente ou le lancement d’une campagne de prévention des risques sanitaires et pénaux. Elle sera lancée prochainement pour «casser l’image festive de la drogue» alors que le coût social des stupéfiants est évalué à plus de 8 milliards d’euros par an.
  • Le renforcement des cellules de lutte contre les trafics avec la possibilité de faire contribuer les polices municipales et les bailleurs sociaux aux cellules de renseignement opérationnel comme pourvoyeurs d’informations, ou encore grâce à des enquêtes de satisfaction menées régulièrement auprès des élus et de la population.
  • Afin d’assurer la tranquillité des populations et de perturber les trafics, les délinquants seront éloignés de leurs territoires par l’utilisation des interdictions judiciaires, le recours aux expulsions locatives et aux reconduites à la frontière pour ceux qui seraient en situation irrégulière.
  • L’Office central pour la répression du trafic illégal de stupéfiants (Ocrtis) est remplacé par l’Office anti-stupéfiant (OFAST). Celui-ci devra être « opérationnel dès le 1er janvier » prochain. Il coordonnera l’action de tous les acteurs dans la lutte anti-stupéfiants au niveau local et national » et associera police, gendarmerie, douanes et magistrats.
  • Rendre toutes les cellules du renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS) opérationnelles d’ici à fin 2019
  • Ce plan prévoit l’établissement d’un état annuel de la menace ;  la mise en place de nouveaux indicateurs pour connaître les usages des consommateurs, les méthodes des trafiquants et anticiper leurs évolutions. Cet état de la menace sera complété par un plan de contrôle des flux sur tout le territoire et sur tous les modes de transport.

Sur France Info, le sociologue Michel Kokoreff, dénonce ce plan présenté par le gouvernement qui n’est pas le premier du genre. « Toucher aux portefeuilles des dealers, des trafiquants, ce n’est pas nouveau, explique-t-il. Rapprocher le parquet des douaniers des services de police, ce n’est pas nouveau, ça s’appelle les GIR, les groupes d’intervention régionaux. Ils ont été initiés par Nicolas Sarkozy au début des années 2000″. Selon lui, la présentation est « évidemment une opération de communication ». 

Michel Kokoreff estime que le problème n’est pas traité de manière efficace avec ces nouvelles mesures. « Pourquoi les réseaux de trafiquants attirent des jeunes ? Parce qu’ils trouvent là un moyen de gagner quelques sous et d’être quelqu’un parce que ce sont des gens qui sont en échec scolaire ». 

Quand on ne prend pas le problème à la racine on fait de la communication. Moi, je n’entends rien sur les causes sociales

 

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