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[Intervention] Néonicotinoïdes : il faut changer de paradigme, par Fabien Gay

Dans une intervention en séance au Sénat, le sénateur Fabien Gay (Groupe CRCE) revient la dangerosité des néonicotinoïdes pour les humains, les abeilles et la biodiversité :

Les néonicotinoïdes sont dangereux pour les humains, meurtriers pour les abeilles et pour la biodiversité. Ils détériorent notre écosystème et notre climat. Nul ne peut le nier. Nous avons, en 2016, fait un choix éclairé par la science, qui a démontré que les néonicotinoïdes sont 5 à 10 000 fois plus toxiques que le DDT, interdit depuis 1971. Revenir sur leur interdiction serait un échec et une régression d’un conquis environnemental.

Hélas, en quatre ans, nous n’avons trouvé aucune alternative viable. Votre réponse, c’est une dérogation temporaire. Mais que ferons-nous dans trois ans ? Une nouvelle dérogation ?

En outre, le risque constitutionnel est réel comme l’a montré Éliane Assassi. D’autres filières pourraient demander à bénéficier d’une telle dérogation.

La transition écologique ne peut se construire sans ni contre les agriculteurs. Depuis 1991, ils n’ont pas eu d’autre choix que d’utiliser les néonicotinoïdes. Pire, on les y a même encouragés, en prônant un modèle productiviste.

Mme Cécile Cukierman. – Exactement.

M. Fabien Gay. – Il faut désormais changer de paradigme. Qui va diriger cette transition écologique ? Les grands industriels privés ou l’État, garant de l’intérêt général, en donnant les moyens à la recherche ?

Lorsqu’il s’agit de contourner les règles environnementales, certains déploient des trésors d’ingéniosité.

M. Laurent Duplomb. – Pour les appliquer, aussi !

M. Fabien Gay. – Mais pour trouver des solutions, ils ne sont pas là.

Que faire face aux pucerons, direz-vous ? Nous sommes pour l’indemnisation des pertes dans les zones impactées, la création d’un fonds mutuel solidaire de gestion des risques et l’instauration d’un prix plancher d’achat pour les producteurs.

Les ONG, les syndicats agricoles proposent des alternatives : ne pas semer dans une terre trop froide, s’appuyer sur des insectes comme les coccinelles, ce que les néonicotinoïdes rendent impossible.

Un changement de paradigme s’impose, car le système du vivant est global. Cessons de penser l’agriculture par parcelle : le vivant fonctionne en interdépendance.

Ce qui ronge la filière, ce n’est pas la jaunisse, c’est surtout la libéralisation avec la fin des quotas sucriers en 2017 et l’ouverture à la concurrence, les spéculateurs et le libre-échange !

Avec ce texte, le Gouvernement essaie de sortir de l’impasse du néolibéralisme. Ce sera sans nous !

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