«Or, en prévoyant un véritable tri selon le statut administratif des personnes, l’instruction en vient à hiérarchiser voire à mettre en concurrence les situations de pauvreté et de misère sur le fondement de critères discriminatoires», dénonce le référé-suspension  dont l’AFP a pris connaissance.

Les associations, dont la Fédération nationale des acteurs de la solidarité (FNARS) ou encore la Ligue des droits de l’homme, craignent que la mesure ne serve en réalité à «faciliter la mise en œuvre de mesures d’éloignement du territoire».

«Il y a une mobilisation inédite car on a le sentiment qu’on viole le cœur de l’action sociale en France, à savoir l’accueil inconditionnel», explique Florent Guéguen, directeur général de la FNARS, qui espère un gel de la mesure le temps que le Conseil d’Etat ne statue.

«Il y a une inquiétude très forte des associations sur le fait que les données puissent être traitées par le ministère» de l’Intérieur, ajoute-t-il, même si officiellement l’OFII doit en être seul destinataire.

La mesure décriée vise à relancer une circulaire du 12 décembre 2017, qui prévoyait d’envoyer dans les hébergements d’urgence des «équipes mobiles» chargées de recueillir des informations sur la situation administrative des personnes hébergées.

Selon les données citées dans le recours, 11% des personnes prises en charge dans le dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile ont déjà vu leur demande définitivement rejetée.