Santé

Loi Santé : Pour le groupe CRCE, « la seule réponse du gouvernement est de limiter les dépenses publiques, c’est inefficace et nocif »

Le Parlement a adopté définitivement le 16 juillet, par un ultime vote du Sénat,  le projet de loi « relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé »  présenté par la Ministre Agnès Buzyn. Ce texte a été voté par la droite Sénatoriale, LREM, notamment. Le PS s’est abstenu.

Seul.e.s les Sénateurs/trices du groupe CRCE ont voté CONTRE, considérant qu’il ne répondait en rien à la situation des hôpitaux, particulièrement au sein des services d’urgence, qui sont de plus en plus nombreux à être en grève (205 sur 504). « Cette loi  ignore la démocratie sanitaire » a dénoncé  Laurence Cohen, sénatrice de Val-de-Marne.

Son intervention :

« Je reste, avec les autres membres du groupe communiste, persuadée que cette loi n’améliorera pas la situation des patients et des professionnels, notamment à l’hôpital public. Votre seule réponse est, comme vos prédécesseurs, de limiter les dépenses publiques : c’est inefficace et nocif.

Vous n’écoutez pas la colère des professionnels, madame la ministre : pas moins de 205 services d’urgences sur 524 sont en grève pour demander des moyens supplémentaires et une revalorisation des salaires de 300 euros. Or vous avez décidé avec Bercy qu’il n’y aurait pas de ressources supplémentaires pour les hôpitaux.

Comme solutions, vous proposez de dégager du temps médical avec des délégations des tâches et la création des auxiliaires médicaux, mais vous sous-estimez la réalité du terrain et l’épuisement des équipes.

Alors que le personnel subit la dégradation des conditions de travail, vous introduisez dans le projet de loi Fonction publique des dispositions renforçant le recours aux contrats temporaires. Le ministre Dussopt ne connait rien à la fonction publique hospitalière : il a tenu des propos mensongers qui ont donné lieu à un rappel au Règlement.

Vous préférez amputer les hôpitaux de leurs compétences, renforçant les structures privées et éloignant les services de soins des habitants. C’est le contraire qu’il faudrait faire, en embauchant et donc en rendant la fonction publique hospitalière plus attractive.

L’accord trouvé entre le Gouvernement, l’Assemblée nationale et la majorité du Sénat aggravera les déserts médicaux. Le stage de dernière année est un progrès, mais les étudiants ne choisiront pas prioritairement les hôpitaux de proximité, et préféreront exercer de manière collective afin d’être salariés.

Et que dire du scénario antidémocratique qui s’est joué pour retoquer l’amendement allongeant le délai de l’IVG ?

Enfin, notre déception est profonde concernant les praticiens à diplômes hors Union européenne et notamment pour celles et ceux qui disposent de la nationalité française. Le Sénat avait adopté l’élargissement de l’exercice des Padhue dans le secteur médico-social, sur laquelle est revenue la CMP.

Tous ces arguments nous conduisent à ne pas voter cette loi qui ignore la démocratie sanitaire.

Dans le discours de la méthode, Descartes nous invitait à douter de tout. Ce n’est pas la marque de fabrique du Gouvernement, hélas. »

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