DiscriminationDroits des femmes

Interview d’Hélène Bidard, adjointe à la Maire de Paris en charge de l’égalité femmes hommes, de la lutte contre les discriminations et des droits humains.

Interview d’Hélène Bidard, adjointe à la Maire de Paris en charge de l’égalité femmes
hommes, de la lutte contre les discriminations et des droits humains.

1. Qu’entendez-vous par ville féministe ?
Une ville féministe est une ville qui a intégré la question du genre dans l’ensemble de ses
politiques publiques. Cela veut dire non seulement construire des politiques spécifiques, par
exemple avec la création d’un Observatoire des violences faites aux femmes, mais aussi agir
sur des domaines d’action comme l’aménagement urbain, le sport, la santé, la petite enfance,
la sécurité. Cela implique également d’être exemplaire en matière de ressources humaines et
de traitement égalitaire des agent.es de la municipalité. Enfin, cela demande le courage de se
positionner aux côtés des luttes de femmes, des luttes féministes, dans le débat national, voire
international.

2. En quoi est-ce important de développer des villes féministes ? Et en quoi un·e
élu·e peut-il·elle être moteur en la matière ?

C’est important parce qu’une ville féministe est une ville inclusive, ouverte d’esprit et
bienveillante, où chacun.es peut se sentir à sa place. Je crois qu’avec la question de la
transformation écologique, le combat pour l’égalité femmes hommes est un des grands défis
de notre temps, une demande de plus en plus pressante de la société. Les femmes et les
mouvements féministes sont à l’offensive contre les violences sexistes et sexuelles partout
dans le monde. C’est historique et irrésistible. Regardez comme la question des féminicides
s’est imposée en quelques mois à l’agenda politique français. Pour moi, un.e élu.e féministe
doit accompagner ce mouvement. Et je dois dire que cela n’est pas à sens unique, car la prise
en considération de mon action a clairement évolué favorablement à partir de fin 2017 quand
a surgi le mouvement « Metoo ». J’ai expérimenté in vivo le pouvoir qu’un mouvement social
peut avoir dans les institutions. J’ai pu négocier régulièrement des augmentations du budget
de la Ville de Paris alloué aux associations.

3. En tant qu’adjointe à la maire de Paris en charge notamment des questions
relatives à l’égalité femmes/hommes, qu’avez-vous développé de plus intéressant
pour promouvoir la place des femmes durant ce mandat ?

Je suis particulièrement fière d’avoir réussi à influer sur plusieurs domaines clés
d’intervention de ma collectivité, autrement dit, d’avoir construit une politique intégrée à
Paris avec mes collègues adjoint.es. Beaucoup reste à faire, mais la prise en compte des
femmes s’est maintenant étendue à l’urbanisme, avec l’intégration d’un critère de genre dans
la rénovation des 7 grandes places parisiennes, dans le sport, avec un meilleur partage des
équipements mais aussi dans les grands évènements comme le coupe du monde féminine de
foot, ou encore le programme dit « héritage » les JO de 2024, dans la lutte contre la pauvreté,
avec la mise en place de Haltes pour les femmes, dans le logement, avec la mise en place de
dispositifs spécifiques pour les femmes victimes de violences. La question du genre est
devenue un important levier pour la modernisation des politiques publiques.

4. Quels seraient vos espoirs pour Paris mais au-delà pour l’ensemble des
communes pour la mandature à venir.

Si je dois choisir une mesure, je dirais la mise en place d’un budget sensible au genre, une
question qui touche le nerf de la guerre – l’argent dédié aux femmes – qui permet d’évaluer et
d’améliorer considérablement l’impact des politiques publiques en matière d’égalité, et qui au
fond, en elle-même est un puissant instrument de prise de conscience, dans toutes les directions d’une collectivité, de l’importance du sujet. C’est un gage de cohérence et
d’efficacité pour une ville progressiste.

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