Crise COVID

[Intervention] Prorogation état d’urgence sanitaire, par Stéphane Peu

Retrouvez l’intervention du député Stéphane Peu (groupe GDR) lors de la discussion générale concernant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire à l’Assemblée le 22 octobre dernier :

Les temps d’extrême incertitude que nous traversons doivent tous nous conduire à plus d’humilité, mais aussi à plus de clarté et de démocratie.

Plus d’humilité, tout d’abord : les députés communistes ont pour principe de ne pas dénoncer chez autrui des turpitudes auxquelles il n’est pas certain qu’ils auraient eux-mêmes su échapper.

En effet, qui pouvait prétendre au printemps 2020 définir sans hésitation le cap à suivre ? Nous gardons cela à l’esprit à l’heure de nos débats.

À cet appel à l’humilité, nous en ajoutons un second : un appel à la clarté et à la démocratie. Depuis huit mois, nous avons aussi appris : nous avons appris qu’en sollicitant l’intelligence et le civisme de la population, celle-ci accepte les obligations qui lui sont imposées pour lutter contre la covid-19, même les plus contraignantes comme la privation de la liberté d’aller et de venir.

A contrario, nous avons appris que le meilleur allié de la covid-19 est l’absence de clarté des décisions publiques. Nous avons appris que lorsqu’à la confusion et à la cacophonie à laquelle la parole publique a parfois contribué au sujet du port du masque et des tests, sans parler des injonctions paradoxales, s’ajoutent l’autoritarisme et l’arbitraire, l’adhésion de la population s’affaisse.

Avec elle, c’est l’efficacité même des politiques publiques qui est entamée – et le virus gagne alors du terrain. C’est pourquoi le fait de prendre la situation au sérieux ne signifie nullement qu’il faut s’abstenir de porter un regard critique sur la réponse qu’entend y apporter l’exécutif.

Or nous donnons depuis longtemps l’alerte sur la dangerosité, pour notre démocratie, de la banalisation d’un régime d’exception dérogatoire au droit commun. L’accoutumance à de tels procédés maintiendrait l’exécutif dans une zone de confort nocive et court-circuiterait les institutions les plus essentielles, en particulier le Parlement, et la démocratie s’en trouverait affaiblie. La tentation serait grande, en effet, que ce régime d’exception devienne pour le Gouvernement le moyen d’euphémiser les pénuries et de masquer ses dysfonctionnements – comme le désengagement de l’État de l’hôpital public, organisé de longue date…

Lire la suite

Image : art_inthecity / Flickr, CC BY

Laisser un commentaire

Fermer le menu
consectetur dapibus ipsum justo dolor nunc elit. eget sit Praesent libero
×
×

Panier

CIDEFE