Crise COVIDParlement

[Intervention] Le gouvernement n’a rien appris de ses erreurs, par Eliane Assassi

Dans une intervention lors de la séance du 29 novembre au Sénat, le sénatrice Eliane Assassi (Groupe CRCE) répond à la déclaration du Premier ministre devant le parlement :

Je fais part de notre émotion à l’annonce des actes barbares survenus à Nice. Nous pensons aux Niçois, et sommes à leurs côtés.

La deuxième vague est là, elle est haute, très haute, et si rien n’est fait, elle pourrait nous submerger. Nous ne sommes pas surpris comme en mars dernier : les scientifiques nous avaient prévenus.

Chaque jour, des personnes souffrent du Covid, entrent en réanimation, décèdent. Cela nous angoisse.

Comme en mars, je dis aux citoyens : prudence, suivez les consignes, restez solidaires. Aux soignants qui feront face, par esprit de responsabilité, je dis : tenez bon, même si vous êtes amers, en colère, même si vos appels à la reconstruction de l’hôpital n’ont pas été écoutés.

Notre pays tiendra grâce à l’engagement de ces premiers de corvée, si peu reconnus par une société qu’ils tiennent à bout de bras.

Le président de la République a décidé seul, hier, d’une stratégie. Mardi, Monsieur le Premier ministre, vous nous avez réunis sans annoncer la moindre mesure ; nous échangions dans le vide.

Le 16 octobre, je vous demandais un débat sur l’état d’urgence sanitaire et le couvre-feu, en vain. Les annonces du président Macron ont été floues, et vous les détaillerez après nous avoir fait débattre et voter. Le Parlement est mis devant le fait accompli.

Vos erreurs ne vous ont pas servi de leçon. Vous nous invitez à l’humilité face à une épidémie qui frappe l’Europe entière, mais oubliez que notre pays est parmi les plus touchés dans le monde. Il faut être humble, oui, mais aussi écouter. La démocratie est essentielle, il n’y aura pas de sauveur suprême dans ce domaine. (Applaudissements)

Il faut en finir avec un régime à la verticalité folle. Nous demandons la mise en place d’un comité de suivi de la crise, pluraliste, afin de permettre un véritable contrôle démocratique.

La faiblesse de nos moyens hospitaliers ne serait pas en cause, a dit hier le Président. Pourtant, cela fait vingt ans que l’on saccage notre système de santé, que l’on détruit l’hôpital : 100 000 lits fermés en vingt ans, encore 4 800 en 2018 et 3 200 en 2019.

Les ravages du libéralisme ont touché toute la société. L’humanité est aujourd’hui en danger. Le Président de la République en mars avait semblé chanceler dans ses certitudes, employant des mots inhabituels : « rupture », « mettre à l’abri du marché », « quoi qu’il en coûte ».

Hier, quoi qu’il en dise, il a placé l’économie avant l’humain. C’est vrai, il faut trouver un équilibre pour éviter de jeter dans la pauvreté des millions de personnes.

Mais nous n’avons entendu un mot pour appeler les plus riches à participer à l’effort national. Nous regrettons qu’aucune mesure fiscale de solidarité ne soit prise pour faire contribuer ceux qui perçoivent des dividendes ou ceux qui s’enrichissent, comme Amazon, sur le malheur des hommes.

Nous serons responsables, comme notre peuple, mobilisé contre l’épidémie. Mais nous demandons à l’exécutif de l’être aussi, à M. Macron de cesser son exercice solitaire du pouvoir. La responsabilité, c’est accepter la démocratie, c’est mettre les richesses de notre pays au service du bien commun, c’est l’humain d’abord.

Le vote d’aujourd’hui n’est pas pour ou contre le confinement. C’est un vote de confiance. Nous optons pour un vote d’opposition, mûrement réfléchi, à vos choix politiques et à vos méthodes.

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