Parlement

« Aligner le taux de cotisation des revenus du capital sur celui des revenus du travail » par Michelle Gréaume (CRCE)

Résumé d’un débat au Sénat sur la réforme des retraites et l’allongement de la durée de la vie

« Mme Michelle Gréaume. – On vit plus longtemps ; il faut donc travailler plus longtemps : voilà votre antienne. Or l’espérance de vie en bonne santé stagne quand on a été confronté aux tâches les plus pénibles.

Monsieur le ministre, l’être humain ne se réduit-il qu’au travail ? Cette vision passéiste est contredite par les évolutions sociales et scientifiques, porteuses de progrès pour peu qu’elles soient mises au service du bien commun et non du profit de quelques-uns. La retraite n’est plus la fin de la vie mais le début d’une nouvelle, riche d’activités et de découvertes. Ce n’est pas une charge mais un progrès. La grandeur d’une nation est de savoir répondre à ce défi. Cela suppose un autre projet de société, financé par une réelle répartition des richesses.

Ainsi, aligner le taux de cotisation des revenus du capital sur celui des revenus du travail rapporterait 31 milliards d’euros. Mettre fin aux exonérations générales de cotisations patronales rapporterait 66 milliards d’euros, l’égalité salariale entre femmes et hommes, 11 milliards d’euros. L’augmentation du Smic de 20 % rapporterait 3 milliards d’euros de plus aux caisses de retraite. Allez-vous enfin retirer cette réforme que tous rejettent et accepter de débattre des alternatives ? (Applaudissements sur les travées du groupe CRCE)

M. Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État. – Ma circonscription est entre Armentières et Lille. Les citoyens qui s’y sont exprimés n’ont pas porté exactement le même message que vous. (Exclamations à gauche)

M. Patrick Kanner. – Regardez les sondages !

M. Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État. – Nous proposons de maintenir l’âge légal à 62 ans.

Mme Cathy Apourceau-Poly. – Avec une décote !

M. Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État. – Nous proposons de maintenir les dispositifs de pénibilité, voire de les améliorer. C’est l’objet des négociations que mène Mme Pénicaud.

Les dispositions de carrière longue seront maintenues. La question est de savoir comment individualiser la référence collective de l’âge de départ à 62 ans. Si l’on commence à travailler à 22 ans – âge moyen d’entrée dans la vie active – et que l’on travaille 43 ans, cela fait 65 ans ! C’est un faux débat. (Protestations sur les travées du groupe CRCE)

Mme Cécile Cukierman. – Nous étions contre les 43 ans ! Ne déformez pas nos positions. »

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