Agriculture

Agriculteurs : « Une vie de labeur pour ne pas pouvoir se payer un Smic et percevoir une retraite misérable »

Intervention hier au Sénat de Fabien Gay (CRCE) sur la situation précaire des agriculteurs dans notre pays.

« Ce sujet nécessite un débat exigeant et sérieux. Les chiffres sont glaçants : la mortalité par suicide chez les agriculteurs est supérieure de 20 % par rapport à la population générale, de 30 % pour les seuls éleveurs bovins et laitiers. Un suicide par jour, surtout chez les hommes entre 45 ans et 50 ans. Nous touchons à l’humain. Le suicide est le geste le plus terrible qui soit. Les causes sont multiples – rupture, maladie, isolement, problèmes financiers. Il faut y apporter une réponse globale et adaptée à chacun. Je remercie Henri Cabanel de son initiative et soutiens la position de la commission : prenons le temps d’un travail approfondi.

Le monde paysan a été confronté à des changements radicaux : mécanisation, perte d’autonomie sur les semences, nouveaux pesticides, informatisation, charges administratives et comptables. Cela les a conduits à s’endetter, dans un contexte de libéralisation croissante des échanges – fossoyeur du modèle d’agriculture familiale que nous défendons. S’ajoute le prix croissant du foncier, la défiance d’une population qui refuse la malbouffe. Les agriculteurs sont pris en tenaille entre le remboursement des emprunts, le prix exorbitant des pesticides, les prix tirés vers le bas par la grande distribution. Une vie de labeur, dix heures par jour et sept jours sur sept, pour vendre à perte, ne pas pouvoir se payer un Smic et percevoir une retraite misérable !

Votre Gouvernement a employé l’article 44-3 pour empêcher l’adoption de notre proposition de loi revalorisant les pensions des exploitants agricoles à 85 % du Smic, pourtant adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale… Comment vivre dignement avec une retraite de 700 euros à 800 euros, voire 100 euros outre-mer ?

Ajoutons la culpabilité, l’agribashing, la stigmatisation d’une profession incomprise du monde urbain. Nos agriculteurs vivent dans les zones blanches, alors que s’accélère la métropolisation. Les territoires ruraux se sentent abandonnés : fermetures d’écoles, de services publics, dévitalisation des centres bourgs, essence de plus en plus chère. Cela accroît le sentiment d’injustice et d’abandon de nos agriculteurs. Le Gouvernement n’a rien fait, malgré les promesses de la loi EGalim, pour enrayer la spirale mortifère.

Nous devons travailler ensemble pour trouver des solutions ; nous voterons le renvoi en commission, appuyé par Henri Cabanel. »

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